J’adore…changer le cadre.


Jeudi après-midi, pour tout un tas de raisons que je ne vais pas détailler, j’avais une petite partie de la classe en atelier (notre aide aux devoirs).

Et puis, je ne sais pas pourquoi, j’avais envie de changer.

Je leur ai dit de prendre tout ce dont ils avaient besoin pour travailler.

Là, l’enfant est toujours à moitié curieux, à moitié excité.

” Pourquoi ? Pourquoi ? “

” Vous verrez ” ai-je répondu d’un air énigmatique, caché derrière mes lunettes de soleil (je vous rappelle que je travaille dans le sud, et que en ce moment il fait super beau, donc on ne se moque pas de moi genre ” il se la joue Festival de Cannes “).

Au final, nous avons été travailler près de la fontaine. (voir l’article écrit sur la fontaine il y a quelque temps, ). Il se trouve qu’ils avaient une leçon d’anglais à apprendre. Ils se sont donc mis à travailler, gentiment, entre 2 ou 3 papotages avec moi, demande de prononciation de tel ou tel mot, demande de me réciter, ou d’explication. Un moment détendu, des rires parfois, mais aussi beaucoup de travail.

Puis, nous sommes allés dans la cour, laissée vide par les élèves, tous en classe. La cour chez nous, elle est belle. Surtout en ce moment. Il y a de grand arbres superbes, de l’ombre et des bancs. On y est bien. Donc, autant y aller.

Certains se sont allongés sur le banc pour apprendre, d’autres assis sur un rebord, d’autres par terre.

Certains m’ont dit ” moi j’apprends mieux si je bouge, je peux marcher dans la cour ? “

” Euh, oui. “

” Ah, j’ai le droit ? “

Cette remarque m’a étonné. Finalement, pourquoi ça me poserait un problème qu’il bouge un peu, avec des limites et des règles bien sûr ?

Et hop ! On apprend.

Je repense à l’aide aux devoirs classique, à mes élèves, une heure, parfois plus, assis derrière un bureau. Je repense à moi travaillant à la maison. Je crois que je me suis très rarement mis derrière une table pour apprendre.

Et si ?

Et si on le faisait de temps en temps. Et si ça apportait un plus ? L’idée est de chercher comment les aider, non ?

Au final, le cours était bien su. Tout le monde, le prof, les élèves, était content. Et le travail a été associé à un moment plaisant. (le bonheur, non ?)

Et si parfois, on changeait la perspective ? Le cadre ?

Alors, bon, soyons clair, je ne vais pas pouvoir faire tout le temps aide aux devoirs dehors. Mais penser pour ce moment particulier à d’autres formes, d’autres cadres. Des petits tapis de sol? Des trucs en mousse pour s’assoir?

Enfin, bref….J’adore changer de cadre. Car souvent ce changement là, il est porteur d’idées intéressantes à creuser.

Je vous tiens au courant?

J’adore…le cours parfait.


Pas toujours évident d’enseigner en mai.

Déjà, les différents jours fériés et ponts qui suivent une période de congé récente font que les élèves -comment dire ?-  ne sont plus tout à fait dans un état d’esprit d’apprentissage et d’ouverture intellectuelle optimum.

Devoirs non faits, affaires oubliées, support cours perdu (grrrr, perdre une si belle fiche de travail qui vous avait demandé tant de travail…), beaucoup de choses font que vous doutez de votre capacité d’enseignant à faire un cours qui intéresse les élèves.

Vous prenez sur vous, vous vous dites que c’est une période, que ça va repartir, mais quand même vous doutez beaucoup. Vous faites tout pour rester zen devant ces oublis, tout en montrant que vous n’êtes toutefois pas content. Vous faites tout pour remotiver les élèves malgré tout avec des propos qui normalement devraient les redynamiser.

Peu y fait. Bon, d’accord, ça ne marche pas.

Ceci s’ajoute en général au mois de mai dans le sud au beau temps qui ne fait rien pour donner envie de travailler (mais pas cette année, parce que le temps est vraiment, disons-le, tout pourri).

Vous doutez, vous vous découragez, la salle des profs accueille des enseignants -dont vous- pas au top de leur confiance pédagogique, on râle, on se plaint, on boit du café, on mange des viennoiseries.

Et puis, “il” arrive.

Il vous donne un bon coup de pouce au moral, vous redonne confiance et vous commencez à vous dire que la fin d’année va être super.

C’est lui : le cours parfait. Ah, vous l’avez attendu celui-là!

Oh, pas non plus le cours qui va changer la face de la pédagogie mondiale et qui fait que d’emblée devant votre génie enfin reconnu vous allez être promu, non, le cours gentil, simple, qui se passe bien. Tout avance comme vous le vouliez, comme vous l’aviez planifié dans votre tête.

Les élèves ont leurs affaires, ils ont fait leurs devoirs (si, si), ils savent le cours, ils ont compris, et en plus, ils ont envie de vous faire plaisir, de vous le montrer, ils lèvent la main et tout et tout.

Plus vous vous en rendez compte, plus vous êtes content, vous souriez, ils sont contents aussi et hop, tout se déroule pour le mieux. Vous co-construisez ce qui va être noté dans le cahier, les élèves se surpassent pour essayer d’enrichir le cours, d’apporter des idées pertinentes, vous êtes vraiment satisfait et fier d’eux et de leurs efforts. Vous le leur dites, vous les félicitez.

Mais bon, il doit se terminer ce cours parfait, ils doivent partir. Vous donnez les devoirs, ils les notent. Vous seriez bien resté une heure de plus avec eux…

Et là, un élève vous donne le coup de grâce quand vous annoncez les devoirs en disant “Déjà ? C’est fini ?”… Et en plus, c’est passé (trop?) vite pour eux aussi. Ahhh bonheur…Bon, ils sortent.

See you tomorrow!

C’est reparti, vous recommencez à faire des cours plaisants. Jusqu’à la prochaine classe…Et là… ;-)

J’adore …Twitter et les sorcières.


Je vous ai déjà dit à quel point j’aimais Twitter, non ? Je ne remercierai jamais assez Amandine Terrier et Bertrand Formet de m’avoir donné envie de me lancer.

Cette semaine a encore été l’illustration de l’intérêt de Twitter quand on est enseignant.

Il y a quelques semaines, Stéphanie DeVanssay (merci !) nous parlait du travail génial d’Alexandre Acou avec ses élèves. Il avait étudié en classe un poème de Jean Tardieu, ” Conseils donnés par une sorcière ” et à partir de là demandé à ses élèves d’écrire des conseils de sorcière sous forme de tweets.

Le résultat, que l’on peut voir là : http://tinyurl.com/ca6rzr2

est tout simplement adorable. Et surtout d’une grande pertinence pédagogique. L’impératif, la ponctuation etc.

Cela m’a donné envie de me lancer. Je lui ai fait part via Twitter de mon intérêt pour son travail et du fait que je pourrais faire la même chose en anglais avec mes 4e. Tout de suite, Alexandre a été emballé et a eu envie que nos deux classes se rencontrent virtuellement autour de cette idée. C’est ça qui est génial avec Twitter. On peut y rencontrer des gens enthousiastes qui ont des idées qui vous emballent et hop, très simplement, se mettre à travailler avec eux.

La semaine dernière, j’ai commencé ce travail avec mes élèves. Mes 4e ne sont pas toujours enthousiastes face au travail scolaire (un euphémisme…), ce coup-ci n’a pas dérogé à la règle. Toutefois, une fois bien lancés, ils se sont pris au jeu, et j’ai été très positivement surpris par leur créativité.

Vous pouvez lire une partie de tous ces tweets sur le Storify fait par Stéphanie (re-merci!) . (là : http://tinyurl.com/bug5tya)

Pour moi, l’intérêt était grand. J’aime beaucoup l’écriture créative, l’idée aussi que mes élèves écrivent pour être lus, et j’aime bien l’idée de les connecter avec des primaires. Je n’ai pas parlé de grammaire etc. mais il va sans dire que moi aussi j’ai travaillé l’impératif en anglais, l’usage du dictionnaire, l’usage raisonné du traducteur automatique, le respect d’une consigne simple donnée en anglais, l’orthographe, le tout de façon me semble-t-il efficace tout en restant légère. D’autres tweets doivent arriver, je les attends avec impatience.

Certes, l’anglais n’est pas parfait, il y a des erreurs, des oublis, mais globalement ils sont compris et je suis dans les objectifs qui me sont assignés, écrire de façon assez claire pour être compris, et il est normal à leur niveau que des erreurs subsistent. Je les ai volontairement laissées pour montrer à mes élèves que l’erreur fait partie prenante du travail, et qu’il ne faut pas en avoir peur (parfois au point de ne plus oser rien faire en anglais pour certains). Nous travaillerons plus tard sur ces erreurs, nous verrons qu’elles relèvent souvent d’un manque de concentration, de relecture et tâcherons de trouver des moyens de les éviter.

Les élèves d’Alexandre ont d’ailleurs commencé eux aussi à écrire en anglais et j’espère que cela donnera envie à mes élèves d’interagir avec eux. Mes élèves, en difficulté scolaire, donnant des conseils à d’autres élèves sur l’usage de l’anglais ? Le bonheur, non ?

Je suis impatient de retourner en classe et de voir ce que cela va donner.

Voilà donc, j’aime Twitter, et j’adore les ( conseils de ) sorcières !

J’adore…le mois de mai.


Déjà?

Sérieusement?

On est déjà arrivé – quasiment- au mois de mai? Les ponts, tout ça?

Incroyable!

Demain, il y a une réunion pour préparer la prochaine rentrée?

J’ai l’impression que la rentrée c’était hier!

C’était hier -non ?- la première nuit avant le premier cours ? La première nuit durant laquelle on ne dort pas vraiment bien, mélange d’impatience et de léger stress de la reprise. Vous commencez à avoir l’habitude, mais non, la 1ère nuit, toujours un peu pénible…

Où est-il le 1er cours, tout le monde est un peu nerveux, vous, les élèves, comment ça va se passer?

La rentrée et les nouvelles têtes, les nouveaux élèves qui se demandaient quel genre de prof vous étiez, ou qui pensaient que vous étiez comme ci ou comme ça en ayant discuté avec les autres élèves. Vous qui vous demandiez comment allait être telle ou telle classe en fonction des élèves que vous connaissiez déjà, tout ça pour s’apercevoir qu’en fait pas du tout, la classe devint complètement différente.

Les nouveaux collègues qui arrivent avec plein de nouvelles idées stimulantes, posent des questions sur comment on fait ci ou ça dans l’établissement et qui font que l’on se remet en question, des personnes qui deviennent vos amis, vos confidents dans la salle des profs autour d’un café quand vraiment vous passez une mauvaise journée ou ne savez plus comment réagir face à des élèves en difficulté…Les nouveaux et les anciens avec qui vous sortez pour déjeuner et avec qui vous oubliez cette matinée un peu dure. Les collègues à qui vous remontez le moral aussi quand c’est difficile d’arriver dans un établissement. Les collègues formidables avec qui vous partagez les bons moments de votre vie de prof et partagez les leurs…

Déjà passées les 1ères corrections de copies, les 1ères évaluations, que vous aimez (” ah comment c’est passé ce sur quoi on a travaillé dans ma super nouvelle séquence ? “) mais en même temps que vous avez du mal à finir de corriger car vous êtes très fatigué (” encore 5 copies, 4… 3… “) ?

Déjà faits les 1ers bilans, les 1ers conseils de classe tard le soir, ” et j’ai 6 heures de cours demain…” )?

Déjà terminée la 1ère réunion parents professeurs avec les 1ers bilans, les 1ers encouragements, les 1ères inquiétudes. Oubliée la gorge sèche d’avoir parlé non-stop pendant 3 heures?

Envolés le 2e trimestre, les congés de février, ceux de Pâques et voilà, les prochaines vacances seront celles d’été et on aura fini cette année 2011-2012. Incroyable, vous dis-je!

Et puis, on recommencera. Les nouvelles, têtes, les nouveaux élèves, les nouveaux collègues, la première nuit avant le premier cours, le premier cours, les 1ers paquets de copies, les premières réunions. On recommencera, pareils mais pas tout à fait. On sera là, mais un peu différents. Et tout sera donc différent. C’est ça qui est bon dans ce métier.

Mais avant, laissons passer mai, juin et voyons ce qu’ils nous apportent…

J’adore…la reprise.


Me revoilà. Après un petit break de repos, je vais essayer d’écrire à nouveau plus régulièrement. Merci de votre patience.

Donc, j’adore rentrer. Reprendre les cours. Refaire mon cartable, préparer mes affaires.

Mais pourquoi?

Rentrer, c’est bien parce que:

- même si je ne tiens pas (toutes) les résolutions que je prends, j’en tiens certaines et j’ai l’impression d’avancer.

- sans reprise, on n’apprécierait pas les vacances…(si, je vous assure).

- je retrouve les collègues / copains / copines autour de la machine à café et on papote, car quand même les collègues, on les aime bien (les miens, ils sont super).

- je retrouve le bon café de la machine à café.

- jeudi, il va y avoir jeudi viennoiserie, et ça va être bon!

- je peux tester les idées géniales que j’ai eu pendant les vacances (je rappelle à tout le monde qu’en gros névrosé, je pense à ce que je vais faire en classe à la reprise pendant les vacances…) et m’apercevoir que cela marche, que je suis soudainement devenu génial et le roi de la pédagogie pendant les congés et que tout ce que je n’arrivais pas à faire désormais: piece of cake! Euh.. si, si. :-/

- je suis dans une phase magique, je suis pleinement reposé, détendu et forcément je vais être meilleur professeur. Ce coup-ci, la phase va durer longtemps. Si. Je le sais. J’y crois.

- je vais prendre le temps de finaliser la déco de la salle dans laquelle je suis le plus souvent avec des posters sympas (les murs jaunes, j’aime pas…).

- et enfin, je vais retrouver mes élèves, avec leurs progrès et les joies qui vont avec, avec les moments où ils n’y arrivent pas et vont donc attendre de moi des clés. On va continuer à progresser, à chercher des moyens de progresser, de se dépasser, de faire mieux, eux, comme moi.

Je suis content, impatient, de les retrouver.

Ben, oui, car au final, on n’est pas bien, là, en classe, à enseigner, même si ce n’est pas tous les jours facile?

J’adore…avoir envie de.


Je suis en vacances. Je sais, je devrais me reposer. Mais, on ne se refait pas. Je me mets à penser à tout ce que j’ai envie de faire.

Envie de tout changer dans ma façon d’enseigner depuis que j’ai entendu telle ou telle personne parler lors d’une conférence. Envie d’être bousculé dans mes certitudes, envie de différent. D’autre.

Envie d’intégrer les neurosciences dans mes pratiques, et mieux travailler sur la mémorisation. Envie de lire ce qu’a écrit Bruno DellaChiesa là dessus, envie de voir ce qui se fait déjà ailleurs, envie de découvrir. Ne pas avoir peur d’essayer depuis que j’ai entendu le chercheur en question dire “qu’on n’apprend pas quand on a peur”. Envie que cette idée soit toujours présente dans ma pratique d’enseignant.

Envie que mes élèves soient dans une démarche d’investigation pendant le cours, moi aussi, je peux leur faire chercher, comprendre, découvrir avec l’anglais. Sherlock Holmes, les enfants, il était anglais…

Envie de sortir des barrières des disciplines pour travailler ensemble, faire de l’anglais un moyen de communiquer, pas une matière uniquement. Envie que l’anglais serve à parler, à écrire, à communiquer, à échanger. Envie de le faire en cours plus que je ne le fais. Envie de voir comment on fait cours en maths, en physique, en EPS. Qu’est-ce que je peux apprendre? Qu’est-ce que j’ai à montrer?

Envie d’un joli projet intégrant plusieurs disciplines qui serait source de motivation et d’envie d’apprendre pour mes élèves.

Envie de refaire le petit-déjeuner anglais servi à mes CM2 internes suite au travail fait en classe sur le petit-déjeuner. Me dire dire que la cuisinière leur demandant ce qu’ils veulent en anglais et eux répondant en anglais, c’était vraiment chouette.

Envie d’ouvrir la classe encore plus sur l’extérieur. De communiquer, découvrir ce qu’il y a ailleurs, de montrer qui nous sommes, ce que nous faisons. De faire découvrons l’altérité. Si j’aidais plus à montrer aux élèves que ce qui est autre est source de richesse ? Hein, et ce blog de la classe que tu as envie de faire depuis des siècles, tu te lances quand ?

Envie aussi d’être plus indulgent avec moi, envie de faire le bilan de ce que je fais déjà et de me donner des satisfecit aussi. Envie de regarder ce que j’ai fait évoluer, en me disant “c’est pas si mal, tu sais” et me souvenant de ce qu’a dit Edgar Morin aux Journées de l’Innovation: “ce qui ne se régénère pas, dégénère.”

Forcément, envie de lire Edgar Morin.

Envie de profiter des vacances pour lire tous ces livres qui m’attendent depuis des mois et qui vont m’enrichir. Envie de prendre le temps.

Envie de retourner en classe enseigner avec plein de belles idées.

Envie aussi de ne pas être que professeur tout le temps. Envie de prendre le temps de sortir, d’aller au musée, d’aller au cinéma. Envie de culture, de paysages.

Envie d’avoir envie de.

J’adore… les journées de l’Innovation.


” On n’apprend pas quand on a peur “. Ces mots se sont mis à tourner et revenir dans ma tête. Le 28 mars, j’ai eu la chance d’entendre Bruno DellaChiesa parler de neurosciences lors des Journées de l’Innovation dans l’Education Nationale à l’Unesco.

Il expliquait qu’il y avait un très fort lien entre émotion et apprentissage. Apprendre, comprendre procure une joie intense, mais inversement, quand on a peur on n’apprend pas. Ce qu’il y a de bien avec les universitaires, les chercheurs, c’est qu’ils mettent des mots sur des choses que vous, vous savez de façon intuitive. Ou tout d’un coup, quelque chose que vous ne soupçonniez pas devient une évidence absolue. Quand ils sont bons, ces mots sont simples et tout le monde les comprend. C’était le cas.

Je sais instinctivement par exemple qu’en début d’évaluation, je dois tranquillement lire les consignes, demander à mes élèves de bien se concentrer et les rassurer sur leur capacité à y arriver. Cela s’accompagne avant l’évaluation sur un travail de reprise de ce qui a été vu en classe qui de pair avec un travail d’explicitation, et dans le meilleur des cas, de co-définition de ce qui est attendu, de ce que l’on doit savoir faire durant l’évaluation.

Alors les mots de M. DellaChiesa ont tourné et retourné dans ma tête. Est-ce que je place vraiment mes élèves dans une situation dans laquelle ils peuvent apprendre le mieux possible ? Est-ce que j’essaie le plus possible d’éliminer cette peur que ressent l’élève quand il est évalué ?

Ces questions ont été renforcées par d’autres choses que j’ai entendues…Les conférences restent, et j’en garde un souvenir forcément subjectif, mais permettez-moi de partager ces quelques choses qui me trottent dans la tête depuis ces 2 jours…

Par exemple, lors d’une table ronde, j’ai entendu une IEN dire que que lorsque on évaluait, il fallait rassurer. Et y passer du temps. Elle parlait là de son rapport aux équipes qu’elle évaluait elle lors d’un suivi d’innovation, mais je trouve que cela est très pertinent aussi par rapport aux élèves. J’ai pensé, alors que je suis plutôt à l’aise avec ce que je fais en classe et que je pense me débrouiller pas trop mal en tant qu’enseignant, au stress et à la peur ressentis lors de mes inspections. Est-ce que mes élèves ressentent ça aussi quand je les évalue ? Je n’espère pas…

Aussi entendu : évaluer, ça peut être juger, mais c’est aussi mettre de la valeur, valoriser. Evaluer, ça devrait au final être cela : mettre en avant ce qui a été réussi dans l’évaluation et en annotation mettre des commentaires pour aider à progresser, donner les pistes pour progresser. Là encore, une évidence, mais tellement bien mise en mot. Hélas, mes notes sont partielles et je ne sais plus qui remercier, mais je vais me pencher à nouveau sur ce que j’évalue, comment je le fais.

Une autre question très pertinente d’une collègue à moi : comment mesure-t-on les progrès dans l’estime de soi, progrès faits à l’école ? De là : comment mesurer le bien-être à l’école ? Doit-on le faire ? Quels indicateurs ?

Si on considère que la peur est l’ennemie de l’apprentissage, alors la question du bien-être se pose. Lors de visites d’établissements au Pays De Galles, on m’avait expliqué il y a un an que ce critère du “well-being” était un des critères d’évaluation des établissements. Et après tout, est-ce si étrange? Pourquoi l’enfant ne devrait-il pas se sentir bien à l’école? Heureux d’être là et d’apprendre… De là, que fait-on, que mesure-t-on, comment ? Le chantier est vaste, mais pertinent et stimulant.

Je rentre avec les neurones stimulées, j’ai encore plein d’autres choses qui me trottent dans la tête, j’y reviendrai si vous le voulez bien, mais déjà vous l’avez compris : j’adore les Journées de l’Innovation…